Les enseignements présentés sur cette page sont ceux de la Parampara du Siddha Maha Yoga, tels que transmis par Swami Vishnu Tirtha, Swami Shivom Tirtha, Swami Sahajananda Tirtha et Paramguruji T. Sreenivasulu, et tels que je les ai reçus de mon Guru, Sadguru Hagi. Les sources sont dans la bibliothèque.
Qu'est-ce que le Yoga ?
Yoga signifie « union » en sanskrit. Toutes les écoles de Yoga et tous les textes sacrés de l'Inde ont un dénominateur commun : Moksha, la libération du cycle des réincarnations, le Samsara. Le Jnana Yoga (la connaissance), le Bhakti Yoga (la dévotion), le Karma Yoga (l'action désintéressée) et le Raja Yoga codifié par Patañjali sont les quatre voies traditionnelles qui s'offrent au chercheur au début de sa quête.
Ces quatre voies sont des voies de l'effort. Le Siddha Maha Yoga, la Grande Voie Suprême, les englobe et les transcende. Elles doivent être parcourues, en cette vie ou en des vies antérieures, avant que le Guru ne se présente au disciple et que la Kundalini ne soit éveillée par la Grâce.
La Kundalini et son sens de rotation
Présentée simplement, la Kundalini est Shakti, l'énergie cosmique universelle, telle qu'elle réside dans le corps humain, à hauteur du sacrum. En temps ordinaire elle tourne vers l'extérieur et projette ainsi le voile de l'illusion, Maya, alimenté par la roue de nos Karmas.
L'éveil de la Kundalini, tel que nous l'entendons, ne consiste pas à activer quelque chose qui n'existerait pas : tout est déjà Shakti. Par la Grâce et le processus de la Shaktipat Deeksha, le sens de rotation est inversé pour toujours. Plutôt que de projeter l'illusion, la Kundalini se retourne vers l'intérieur et dissout progressivement le Karma du Sadhak, à mesure que celui-ci s'abandonne à sa Sadhan.
Comme la lune reflète les rayons du soleil, le Guru permet au Sadhak de voir cette lumière qui a toujours été en lui. Le Guru est un miroir. Il est aussi une bougie qui allume d'autres bougies sans rien perdre de sa flamme.
La Shaktipat Deeksha
Recevoir la Deeksha et avancer sur la voie du Siddha Maha Yoga équivaut à monter à bord d'un train à grande vitesse qui ne fait aucun arrêt intermédiaire. Cet éveil est pour toujours, pour cette vie et pour toutes celles qui suivront, jusqu'à la libération. Il est le fruit de bons Karmas accumulés au fil des naissances.
La Deeksha est conférée par un Guru autorisé de la Parampara, qui exerce à cette fin son libre arbitre. Elle peut être donnée en personne ou à distance : l'énergie cosmique ne connaît pas les frontières. Elle ne s'obtient par aucune lecture, aucun exercice, aucune technique. Elle est exempte de tout coût financier et l'a toujours été dans notre lignée : elle n'est ni vendue, ni conditionnée à un don, ni proposée par niveaux successifs.
Même si un Sadhak décidait de ne plus s'asseoir, le processus ne s'arrêterait pas : il pourrait le ralentir, jamais l'interrompre.
Les Kriyas
Après la Deeksha, le Sadhak est invité à s'abandonner à l'énergie pour que celle-ci s'exprime, notamment par des Kriyas : des mouvements involontaires engendrés par Shakti. Rotations de la tête ou du corps, Mudras formés spontanément par les doigts, postures de Yoga jamais apprises, souffles modifiés, cris, chants, larmes, pensées, visions. Tout dépend du Karma accumulé, en cette vie et dans les innombrables vies qui l'ont précédée.
Ces Kriyas sont les symptômes visibles du Karma qui se dissout, la partie émergée d'un iceberg dont nul ne peut mesurer la profondeur. Un Kriya est toujours auspicieux et juste ; il n'est pas toujours agréable. Il ne se recherche pas, il ne se force pas, il ne s'arrête pas. Et après la Deeksha, la vie entière devient un Kriya.
La Sadhan
Nous disons Sadhan plutôt que méditation, car il n'y a rien à concentrer ni à vider. Le Sadhak s'assied régulièrement, si possible à heure fixe, invoque les Gurus de la lignée, visualise son Guru, laisse tourner mentalement le Mantra reçu à l'initiation, puis s'abandonne totalement au silence, dans l'attitude du témoin, le Sakshi Bhavam, face à ce que la Shakti décide de manifester.
Avec le temps, la distinction entre le moment sacré sur le coussin et le bruit de la vie s'estompe. La dispassion s'installe : non une aversion, mais l'expression d'un amour universel, un détachement qui grandit à mesure que l'ego se dissout. On ne renonce pas à ses proches : on les aime davantage, en liberté.
Vivre dans le monde
Sri Yogananda, Paramguruji T. Sreenivasulu, Sadguru Hagi, comme votre serviteur, ont choisi de continuer à vivre en société. Il est tout à fait possible d'avancer sur sa quête spirituelle tout en accomplissant ses devoirs moraux, familiaux et professionnels ; c'est même une nécessité. Chercher un faux havre de paix fait de briques n'est pas la meilleure façon de procéder.
Après l'initiation, chacun peut poursuivre ses pratiques religieuses ou spirituelles s'il le souhaite. Rien n'est forcé, rien n'est exigé. Le Yoga ne doit jamais servir à fuir ses obligations : ce serait se mentir à soi-même, et l'on ne trompe pas le Divin.